Washington
n’a pas l’intention de faire en sorte que la crise en Ukraine
puisse
être résolue. N’ayant pas réussi à s’emparer du pays et
expulser la Russie
de sa base navale de la mer Noire, Washington
voit dans cette crise de
nouvelles opportunités.
L’une
d’elles consiste à redémarrer la guerre froide en forçant le
gouvernement
russe à occuper les zones russophones en Ukraine,
où les manifestants
s’opposent aux marionnettes du gouvernement anti-russe installé
à Kiev par le coup d’Etat américain. Ces
régions de l’Ukraine sont
d’anciennes parties de la Russie
elle-même. Elles étaient rattachées
à l’Ukraine par les
dirigeants soviétiques au 20ème siècle, quand l’Ukraine
et la
Russie faisaient partie du même pays, l’URSS.
Les
manifestants ont essentiellement mis en place des gouvernements
indépendants
dans les villes. La police et les unités militaires
envoyées pour réprimer les
manifestants, appelés « terroristes »
à la mode américaine, ont, pour la plupart,
fait jusqu’à présent
défection et ont rejoint les manifestants.
Avec leur
incompétence Obamaïesque, la Maison Blanche le Département
d’Etat
ont raté la reprise de l’Ukraine par Washington, ainsi
Washington a tout mis
en œuvre pour en rejeter la responsabilité
sur la Russie. Selon Washington
et ses presstitués de médias [de
l’argot presstitute],
les manifestations sont
orchestrées par le gouvernement russe et
n’ont aucune réelle légitimité
. Si la Russie envoie ses troupes
pour protéger les citoyens russes dans ses
anciens territoires,
cette action sera utilisée par Washington pour confirmer
sa
propagande d’une invasion russe (comme dans le cas de la
Géorgie), et
la Russie sera encore diabolisée.
Le
gouvernement russe est dans une situation difficile. Moscou ne
veut pas
assumer la responsabilité financière de ces
territoires, mais ne peut pas non
plus rester à l’écart et
laisser les Russes être mis à terre par la force.
Le
gouvernement russe a tenté de garder l’Ukraine intacte, en
s’appuyant
sur les élections à venir en Ukraine pour laisser
émerger des dirigeants plus
réalistes que les « vendus »
installés par Washington.
Néanmoins,
Washington ne veut pas d’une élection qui pourrait remplacer
ses
pantins et qui amènerait à une coopération avec la Russie pour
résoudre la situation. Il y a de bonnes chances que Washington
dise à
ses laquais à Kiev de déclarer que la crise provoquée en
Ukraine par
la Russie empêche la tenue de cette élection. Les
marionnettes de l’OTAN
vendues à Washington soutiendraient bien
sûr cette déclaration.
Il est
presque certain que, malgré ses espoirs, le gouvernement russe
soit
confronté à la poursuite de la crise [diplomatique] autant
qu’au
gouvernement fantoche de Washington installé en Ukraine.
Le 1er mai,
l’ancien ambassadeur de Washington en Russie, désormais
« commandant
en second » [NdT : en fait secrétaire général adjoint]
de
l’OTAN mais en fait l’individu qui, étant américain, décide des
frappes
, a déclaré que la Russie n’était désormais plus un
partenaire mais
un ennemi. L’Américain, Alexander Vershbow, a
déclaré aux journalistes
que l’OTAN renonçait à « se
rapprocher de Moscou » et
qu’elle allait
bientôt déployer un grand nombre de forces de
combat en Europe
de l’Est. Vershbow a appelé cette politique
agressive de déploiement
les “éléments défensifs de la
région“.
En d’autres
termes, nous sommes encore confrontés au mensonge que
le
gouvernement russe va oublier tous ses problèmes en Ukraine et
lancer des attaques sur la Pologne, les pays Baltes, la Roumanie
la
Moldavie, ainsi que sur les régions d’Asie centrale de la
Géorgie, de
l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Le pipeauteur
Vershbow veut moderniser
les forces armées de ces états
fantoches à la botte des américains
et « saisir l’occasion
de prendre en compte la réalité du terrain en
acceptant
l’adhésion des pays candidats à l’OTAN ».
Ce que
Vershbow a dit au gouvernement russe est qu’il doit compter
sur
la bonne volonté et le caractère raisonnable de l’Ouest pendant
que nous mettons en place des forces militaires suffisantes pour
empêcher la Russie de venir en aide à ses citoyens opprimés en
Ukraine.
Notre diabolisation de la Russie fonctionne bien. Elle
vous a fait hésiter
à agir lors de la courte période où vous
pouviez nous devancer et saisir
vos anciens territoires. En
attendant vous nous donnez le temps de
masser des forces à vos
frontières; de la mer Baltique à l’Asie centrale.
Cela va vous
distraire et vous éloigner de l’Ukraine. L’oppression que
nous
allons infliger aux Russes d’Ukraine va vous discréditer, et
les
ONG que nous finançons en Fédération de Russie feront appel
aux
sentiments nationalistes pour renverser votre gouvernement
que ne
sera ainsi pas venu à l’aide des Russes et n’aura pas
protégé les
intérêts stratégiques de la Russie.
Washington
se lèche les babines, y voyant une occasion
de convertir la
Russie en Etat fantoche.
Poutine
va-t-il rester assis tranquillement avec ses espoirs
tout en
attendant la bonne volonté de l’Occident
afin de trouver une
solution alors que Washington tente
d’organiser sa chute ?
Le moment de
vérité approche; la Russie devra soit à agir pour mettre
fin à
la crise, soit accepter l’enlisement actuel et les distractions
dans son arrière-cour. Kiev a lancé des frappes aériennes sur
les
protestataires à Slavyansk. Le 2 mai le porte-parole du
gouvernement
russe Dmitri Peskov a déclaré que l’utilisation de
la violence
par Kiev avait détruit l’espoir de désescalade suite
à l’accord de Genève.
Pourtant, le porte-parole du gouvernement
russe a de nouveau
exprimé l’espoir du gouvernement russe que
les gouvernements
européens et Washington allaient faire en
sorte d’interrompre les
frappes militaires et mettre la pression
du gouvernement de Kiev
pour satisfaire les manifestants de
manière à maintenir l’unité
Ukrainienne et rétablir des
relations amicales avec la Russie.
C’est un
faux espoir. Il suppose que la doctrine Wolfowitz [1] n’est que
des mots, mais ce n’est pas le cas. La doctrine Wolfowitz est la
base de la politique américaine envers la Russie (et la Chine).
La doctrine stipule que tout pouvoir assez fort pour rester
indépendant
de l’influence de Washington doit être considéré
comme « hostile » :
« Notre premier
objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau
rival, que
ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique
ou
ailleurs, qui constituerait une menace sur l’ordre [des
relations
internationales] équivalente à celle posée
auparavant par l’Union
soviétique. C’est une considération
[dominante] sous-jacente à la
nouvelle stratégie de défense
régionale et qui demande que nous
nous efforcions d’empêcher
toute puissance hostile de dominer
une région dont les
ressources pourraient, sous contrôle consolidé,
être
suffisantes pour produire l’énergie mondiale.»
La doctrine
Wolfowitz fournit la justification de la domination de
Washington sur toutes les régions. C’est cohérent avec
l’idéologie
néoconservatrice des Etats-Unis comme étant le pays
« indispensable
» et « exceptionnel » donnant droit à
l’hégémonie mondiale.
Russie et la
Chine sont sur le chemin de l’hégémonie mondiale
des États-Unis.
Sauf si la doctrine Wolfowitz est abandonnée,
la guerre
nucléaire en sera la conséquence probable.
- maintien des USA comme
seule superpuissance dans le monde
- (et visant à saboter
toute émergence d’une superpuissance concurrente, Russie
ou autre)
- établissement du
leadership des USA dans l’ordre des relations
internationales
- défense des
interventions unilatérales ; minimiser le rôle des
coalitions internationales
- institution des
interventions [entre autres militaires] préventives
- prise en compte du
danger causé par un potentiel renouveau de la Russie [du
point de vue militaire]
- défense des intérêts
occidentaux pour la mainmise sur les ressources
pétrolières du Moyen-Orient
- et de l’Asie du sud-ouest
[péninsule arabique]
 |
| pas d'inquiétude,avec wolfowitz,tout ira au plus mal... |
http://www.les-crises.fr/traduction-exclusive-washington-cherche-la-mise-a-mort-de-la-russie-par-paul-craig-roberts/#!prettyPhoto